ILE DE NANTES : L’équipe de Franklin Azzi choisie pour le projet de transformation des Halles Alstom
Au terme d’une phase de négociation engagée par les maitrises d’ouvrage avec les lauréats du concours pour la transformation des halles Alstom et la réalisation de l’Ecole des Beaux Arts, le Président de la Samoa, Jean-Marc Ayrault, et la Présidente de l’ESBANM (l’Ecole supérieure des Beaux Arts de Nantes Métropole), Chantal Cusin Berche, ont proposé à leurs conseils d’administration de retenir l’équipe conduite par Franklin Azzi.
Les Halles Alstom, derrière le palais de justice signé Jean Nouvel, seront dès 2014 le centre névralgique du Quartier de la création sur l’île de Nantes.
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Programme : reconfiguration des halles Alstom et construction de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Nantes Métropole
Concours gagné – commande publique
Maîtrise d’ouvrage : : Samoa – ESBANM – Nantes métropole
Architecte mandataire : Franklin Azzi Architecture
Architecte associé : Paul Armand Grether
Bureau d’étude technique : Setec Bâtiment
Bureau d’étude environnemental : Tribu
Paysagiste : Bas Smets
acousticien : Lamoureux Acoustique
Économiste : 12 Eco
Contrôle sécurité : Casso et associés
Superficie des bâtiments : 27 000 m²
Superficie du terrain : 17 000 m²
Emplacement : Ile de Nantes
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CRÉER UN PÔLE GLOBAL DE CRÉATIVITÉ
La nouvelle étape entreprise dans la transformation de l’Île de Nantes va au-delà de la simple réhabilitation. Il s’agit de faire ville, faire ville ensemble, sur le site des anciennes halles Alstom. Une ville au service d’une ambition créative, un grand projet urbain qui s’appuie sur 20 ans d’innovation et d’expérimentation culturelle pour faire émerger un nouvel axe de développement au carrefour de la culture, des technologies et de l’économie. L’Île de Nantes est l’opportunité dont la ville a décidé de se saisir pour doter la métropole d’un cœur urbain de dimension internationale. Autrefois symbole de son déclin, elle est devenue celui de son renouveau. A l’instar du projet de l’Île, il s’agit par ce projet d’établir un renouveau qui passe par une démarche tout à la fois radicale et respectueuse du passé ; notre projet s’articule avec le déjà là, s’appuie sur les qualités intrinsèques des halles, sur le génie des lieux, pour réaliser et mener à bien cette transformation ambitieuse.
Une démarche pragmatique et remarquable
Ce projet ne s’écrit pas sur une page blanche, c’est pourquoi nous avons privilégié un process simple pour un programme complexe. Sans nostalgie formelle, et favorisant une économie de moyens et de geste, nous considérons la démolition strictement nécessaire pour l’utilisation et la valorisation de l’existant comme marchepied vers la transformation des anciennes halles Alstom en future Ecole Supérieure des Beaux Arts de Nantes Métropole. Ce parti pris, loin de tout formalisme architectural, permet d’investir durablement dans les usages futurs de l’école et au-delà, de ce nouveau quartier. Les halles, composées en trois groupes, sont ouvertes, re-organisées et re-connectées pour participer à la cohésion urbaine, appuyer l’identité des programmes, favoriser le vivre ensemble à l’échelle humaine. Architecturalement, la modularité, la capacité d’appropriation ainsi que la pertinence des espaces et la qualité des équipements sont au centre de la réflexion qui a gouverné le projet : en fonction des évolutions, du temps, des acteurs, des besoins et des contraintes programmatiques, écologiques ou sociales qui peuvent apparaître. Les halles doivent savoir répondre adéquatement aujourd’hui et s’adapter sans difficultés demain. La difficulté de ce projet complexe ne réside pas dans le dessin d’une architecture finie, mais dans la production d’un outil “extraordinaire” dont la pérennité tient dans sa capacité à se transformer, à s’inachever.
Économie de moyens, qualité d’usage(s) et flexibilité des lieux sont, à nos yeux, les fondements d’un projet durable. Ce travail de soustraction d’abord, de construction ensuite, s’accorde pleinement avec les contraintes économiques et écologiques, et nous conduit à proposer un projet pour :
- s’inscrire dans la trame urbaine : l’ouverture de larges percées entre les halles, voies semi-publiques qui cheminent entre bâtiments, mènent vers la Loire, vers l’école d’architecture ou vers les machines de l’Île et participent à l’ouverture et à la vie du site, redéfinir une échelle humaine et non plus industrielle, requalifier notamment le socle, le rapport au piéton.
- considérer le projet comme un connecteur : au cœur du quartier de la création, les anciennes halles ont pour ambition de « réconcilier ville, vie, culture », pour ce faire le projet ménage des espaces ouverts et appropriables, des lieux à la fois sécures par une bonne gestion des flux, agréables dans leurs qualités architecturales et paysagères, aisés et peu onéreux dans leur gestion.
- ouvrir, tomber les murs, apporter la lumière : ne conserver que l’enveloppe et sa belle charpente métallique, l’impressionnante couverture de la future ESBANM se déploie sur un système en poupée russe organisé autour d’une rue intérieure centrale ; limiter les démolitions, privilégier l’espace, le sol, par la densité relative, encourager l’appropriation des lieux.
- créer la cohérence avec les autres entités , dédiées à la recherche, à la formation, aux artistes et aux entreprises et enfin à ce lieu, largement ouvert, dédié à la médiation, créer les conditions d’accueil des différents publics par des polarités identifiées autour d’espaces fédérateurs.
Au final, il s’agit de valoriser la spécificité des lieux tout en permettant aux différents acteurs et publics qui habiteront et fréquenteront le quartier de la création sur l’Île de Nantes, de découvrir une hybridation inédite entre la production et l’enseignement artistique, des lieux de médiation, de création, de formation et d’activités économiques. Ce nouveau territoire sera avant tout un lieu d’expérimentations artistiques, économiques et sociales ; il se vivra aussi comme un nouvel espace de démocratie par sa capacité à attirer, à entraîner, à fédérer la diversité et la mixité des opérateurs et des publics qui en prendront possession.
INTENTIONS URBAINES ET ARCHITECTURALES
Une architecture pragmatique
Notre intervention dans cette partie de l’Île de Nantes se veut juste et simple. A chaque programme correspondra un volume : une “halle-parapluie” pour l’Ecole des Beaux Arts. Une autre pour le programme dédié à la médiation ; enfin, une dernière pour les activités de l’Université, et l’accueil d’entreprises et artistes. Pour cela il nous faut inventer une perméabilité urbaine qui n’existe pas aujourd’hui, il faut alors redessiner et ouvrir des voies de circulations entre les halles considérant, qu’il n’y a pas d’antinomie entre l’ouverture artistique et publique. Enfin, il s’agira d’inventer les lieux.
Des principes transversaux guident notre intervention sur les bâtiments et l’espace public ainsi créé :
- Valorisation de l’existant, conservation des enveloppes, des squelettes métalliques,
- Trois bâtiments construits comme des enveloppes/parapluies qui vont héberger de nouveaux organes,
- Création de rez-de-chaussée perméables, changement de leur identité par la création de frontières invisibles,
- Modularité des espaces, flexibilité,
- Densification qui autorise la libération de certains espaces,
- Durabilité par la gestion d’un confort progressif,
- Matériaux simples et à durée de vie longue.
Emploi de l’ouverture
Notre réflexion relève plus d’un travail en volume qu’en plan, plus en m3 qu’en m2. Cette démarche est d’abord économiquement intéressante, puisque l’on conserve l’enveloppe industrielle comme un grand parapluie et lui conférant des propriétés de confort variables selon les usages. Ensuite parce que la qualité de lumière est primordiale pour une école des Beaux Arts.
Les halles 4 et 5 Alstom seront le cœur du futur réseau des industries créatives et culturelles qui doit se constituer sur l’Île de Nantes.
D’abord il faut détruire, soustraire quelques volumes, pour retrouver dans l’espace une échelle propre à la ville, à celle du piéton. Cela suppose de réaliser deux percées, une Nord/Sud, une Est/Ouest. Ces dernières permettent de recomposer l’espace, retrouver la maille urbaine, créer une nouvelle perméabilité, dans ce qui jusque là était compact, clos, espaces industriels fermés sur eux-mêmes. L’opération de démolition fait alors nettement apparaître 3 entités.
Cette ouverture urbaine va de pair avec une forme d’ouverture des bâtiments eux-mêmes, ouverture travaillée par le rapport au piéton, par la transparence, la lumière zénithale et latérale. La transparence est l’un des moyens de connecter les bâtiments avec leur volumétrie.
Nous avons fait le choix de valoriser le patrimoine industriel de ce bâtiment pour en faire un équipement contemporain, en gardant la structure métallique, et en la transformant en une verrière abritant un système de poupées russes, boîtes modulables et autonomes qui viennent s’insérer à l’intérieur de cet immense volume.
Un grand parvis côté ouest permettra de créer un espace d’accueil couvert mais tempéré, où la terrasse du café pourra se déployer en été. Le confort d’hiver sera assuré par des panneaux coulissants transparents, dans l’alignement de la peau.
Rencontres, échanges
L’entrée de la future école, à travers le parvis, se fera au plus proche de l’école d’architecture, dans le prolongement du jardin au bord de Palais de Justice et profitant d’un débouché sur la Loire. Cet emplacement n’est pas anodin, il s’ouvre vers l’ensemble des entités programmatique envisagées. Le parvis, comme une grande place à cheval sur la rue et sous le porche du bâtiment, est un point de rassemblement naturel.
Dans cet esprit de rencontre, la nature du sol va jouer comme un guide. Toujours dans un esprit de réutilisation des matériaux, de conservation de l’existant, le sol de l’ensemble est conservé. Il est aussi un élément fort de continuité entre l’intérieur des halles et l’extérieur, sans rupture, entretenant la confusion dedans/dehors, l’esprit de transparence, de porosité et de perméabilité sociale qui habite notre projet.
Rue intérieure : la progression dans l’école se fera par la grande rue intérieure. La rue intérieure assure la cohérence de la transition des espaces les plus ouverts (tous les publics), le parvis, vers les espaces les plus spécialisés (les ateliers réservés aux étudiants et aux enseignants).
La rencontre facilitée est aussi un des moteurs de la création. Les ateliers de l’ESBANM sont ouverts et le travail des élèves est dévoilé sans pour autant passer par un processus formel d’exposition. Les espaces ne sont pas confinés, certains restent indéterminés : comme un moyen de ménager des possibilités d’évolution de l’ensemble à moyen et long terme, mais également comme une invitation pour une appropriation par les usagers.
Le projet d’architecture donne une simplicité de lecture à l’ensemble des halles, le projet paysager, le rapport au piéton, une identité forte à l’ensemble de l’espace commun. Le socle ouvert, permet de redonner une échelle humaine à l’ensemble, d’accrocher le regard du passant alors qu’il déambulera autour d’une cathédrale de verre dans laquelle se déploiera l’ESBANM. Passer d’un lieu à l’autre sans passer par un espace urbain au sens classique du terme, ou par une voirie circulée. Les percements entre les halles ne seront ni vraiment des rues, ni vraiment des jardins, un entre-deux, une indétermination, qui décline l’esprit des lieux : respectueux de l’histoire et évolutif dans les usages.
La pédagogie du bâtiment se fera alors naturellement, sans explications, sans sous-titres. L’inachevé, qui n’est qu’une facette des capacités d’évolution d’un lieu, permettra à l’ensemble des publics amenés à fréquenter ces nouveaux espaces de s’approprier l’endroit, les endroits. L’ESBANM deviendra un vrai connecteur urbain dans l’Île, mixant des attentes locales et plus globales que celles-ci soient d’ordres culturels, politiques, sociaux et territoriaux.



























